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Retraite : le gouvernement veut relever l'âge de départ sans attendre

Dernière mise à jour : il y a 3 jours

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire s'est dit mardi favorable à ce que le gouvernement recule l'âge de départ à la retraite, estimant qu'il ne faut pas « remettre à demain ce qu'on peut faire aujourd'hui ».


« Moi je donne mes convictions, je suis favorable (à un relèvement de l'âge de départ à la retraite) parce que c'est l'intérêt des Français et l'intérêt de la France que tout le monde, globalement, que notre pays, travaille davantage », a déclaré le ministre sur Cnews.


Il s'est refusé à préciser quel pourrait être le futur âge de départ, alors que selon le quotidien Les Échos, certains dans l'exécutif pousseraient pour le porter à 64 ans, contre 62 aujourd'hui, et cela avant la prochaine élection présidentielle.

Évaluer les « risques sociaux »


Sur le calendrier d'une telle réforme, « il n'y a que le président de la République qui peut évaluer cela », a insisté Bruno Le Maire, ajoutant tout de même : « moi mon expérience c'est qu'on n'a jamais intérêt en politique à remettre à demain ce qu'on peut faire aujourd'hui ».


Il a toutefois concédé que le gouvernement devra évaluer les « risques sociaux » alors que les syndicats sont opposés au recul de l'âge de départ. « Est-ce qu'il y a des risques sociaux ? Est-ce qu'il y a des risques de troubles ? Est-ce qu'il faut encore davantage expliquer les choses ? Tout cela relève de la seule appréciation du président de la République », a estimé Bruno Le Maire.


« Il y aura des choix à faire » pour traiter le dossier des retraites, a prévenu mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à quelques jours d'un sommet social réunissant Emmanuel Macron et les partenaires sociaux.


Ce sommet social, qui devrait se tenir « la semaine prochaine », portera « sur les sujets sociaux, d'une manière large sur le tournant économique que connaît notre pays aujourd'hui, et donc toutes les questions seront abordées avec [Emmanuel Macron] à ce moment-là », a-t-il expliqué à l'issue du Conseil des ministres. Les retraites pourront faire partie de l'agenda, un dossier dans lequel « il y aura des choix à faire », a-t-il estimé, en rappelant qu'une réforme des retraites était un « engagement » du candidat Macron lors de la campagne présidentielle de 2017. Alors que le sujet est explosif, il a fait valoir que la situation financière du système de retraites « s'est dégradée » et qu'« on ne peut pas dire que la crise sanitaire et les difficultés économiques qui en découlent (l')aient particulièrement améliorée ».


Interrogé pour savoir si selon lui les Français étaient prêts à accepter une réforme, il a souligné que les constats « du sous-financement de notre système de retraite », de sa « part d'injustice pour un certain nombre de Français, notamment ceux qui ont les carrières les plus précaires, les plus hachées », et des « inégalités qui existent du fait de régimes spéciaux » sont « largement partagés ». « Reste la question du moment et du calendrier, où là il peut y avoir un débat, une discussion ; c'est l'objet des réflexions qui sont menées », a-t-il ajouté.


Cette question du calendrier est valable également pour « les réformes que nous aurons à porter d'ici à la fin du quinquennat », a encore noté Gabriel Attal, en indiquant que « le président de la République aura l'occasion de s'exprimer le moment venu » sur ce « calendrier ».


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Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire s'est dit mardi favorable à ce que le gouvernement recule l'âge de départ à la retraite, estimant qu'il ne fallait pas « remettre à demain ce qu'on peut faire aujourd'hui ». Mais le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a prévenu ces dernières semaines qu'engager cette réforme avant l'élection présidentielle de 2022 serait une « folie ». Tout en se refusant à « surréagir » alors que l'exécutif n'a pas encore présenté son projet.


Dans un entretien aux Échos mis en ligne mercredi soir, Gabriel Attal a déclaré : « il y aura une réforme des retraites. La question n'est pas si, mais quand, à savoir à l'automne ou l'année prochaine. »

« J'entends les réserves des partenaires sociaux, mais il y a une décision politique à prendre, nous la prendrons, notamment en fonction de l'épidémie et de l'ampleur de la reprise de l'économie, a-t-il ajouté. Si le redécollage économique se confirme cet été et à la rentrée, et que la situation épidémique est maîtrisée, il est possible d'agir et d'enclencher un mouvement. »


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